Guy Montis

Ils ont dit :

Paul Fort :

« En poésie, disait Verlaine, si vous voulez frapper fort, retirez l’inutile. J’ajouterai, semblablement dans les autres arts. Chez Guy Montis, pas de chatteries. Le nécéssaire, la puissance, l’expression psychologique ferme, absolue. »

Retour Sommaire

Michel Simon :

« L’art pénétrant et loyal de Guy Montis risquent par laur réalisme poétique de scandaliser ceux qui depuis cinuante ans cherchent le sacndale »

JPG - 26.2 ko

Retour Sommaire

Jean Rostand :

Retour Sommaire

Pierre-Jean Vaillard :

L’art de guy Montis est fait à la fois de puissance et de délicatesse et parle à tous nos sens le language de la poésie dans la réalité. Etant incompétent en l’art de peindre je peux me permettre de porter le jugement ; c’est ainsi que l’on devient critique d’art.

JPG - 58.6 ko

Retour Sommaire

01

Claude Dauphin :

“Je n’ai pas lieu de supposer que Guy Montis m’ait demandé cette préface comme il l’eût fait à un expert. Rien ne m’autorise à porter quelque jugement sur la peinture en général et sur la sienne en particulier, pas même le goût très vif que je puis avoir pour cet art éternel et ravissant : on est jamais sûr que ce goût soit le bon. Mais il me semble qu’un peintre à moins besoin de censeurs que d’amis, il est lui-même l’ami de tout le monde, des hommes et des bêtes, des plantes et des choses. Il lui faut être amoureux de son métier, de la pomme sur une assiette, de l’arbre, des eaux, de la prairie. S’il n’y a pas les couleurs de l’amour sur la palette, la toile sera inanimée. Le censeur hoche la tête, et discute sur beaucoup de bonnes et de mauvaises raisons. L’ami s’installe dans un coin de l’atelier, s’émerveille de la brosse engluée d’huile qui dispense agilement la lumière et les ombres et s’exclame en rallumant sa pipe : "mon vieux, c’est formidable".

Guy Montis est un peintre, et il a plus besoin d’amis que de censeurs. Apparemment, c’est parce que je suis des premiers que je suis en train d’écrire ceci. Il y a longtemps que je connais Guy que je crois que c’était un petit garçon à notre première rencontre, et je ne l’ai jamais vu se départir de cette sûre et calme passion qui l’attache à son chevaler, de l’aube au crépuscule, devant une colline de Provence.

Il peur vivre d’un bol de soupe et de trois figues et connaître un bonheur refusé au plus riche s’il rentre à la nuit sous sa tente avec l’ébauche d’un paysage dont il est satisfait.

Guy Montis est mon ami parce que je l’admire bien et l’aime beaucoup. Cela ne vaut peut-être pas le témoignage d’un censeur, mais en ce qui concerne la peinture, cela vaut peut-être autant.”

JPG - 42.3 ko
Préface

Retour Sommaire

02

Georges Besson, critique d’art

Préface de l’exposition : "D’un petit village nommé MAUSSANE" (avril 1955) Galerie Durand-Ruel

« (...) On peut imaginer ce qu’est pendant les années noires l’existence d’un tel homme “qui n’aimait pas les boches et que les boches n’aimaient pas”, de Collioue à Saint-Rémy, de Nice à Marseille, de l’Indre à Paris... et toutes les tribulations d’un chargé de mission clandestin qui finalement est arrêté en janvier 1944, reste huit mois à la prison de la Santé, en sort pour se mêler aux combats de la Libération et s’en tirer en grand blessé destiné à la petite chaise des paralytiques. Non pour se résigner et apitoyer son prochain mais pour en sortir avec la farouche volonté de vivre debout. »

« (...) C’est à Pierre Renoir que je dois d’avoir connu Guy Montis, il y a une dizaine d’années. Le fils du vieux papa de la peinture c’était pris d’amitié pour ce garçon de l’espèce de Jack London. Car, il avait exercé dix métiers et même rôdé sur les planches de divers théâtres, avant de se livrer à la peinture, ce vice que certaines circonstances de la vie contiennent larvé et que d’autres exaspèrent pour le tourment ou pour la joie de ceux qui en sont affligés.

Depuis cette époque lointaine où je vis les premiers éssais de Guy Montis, je sus qu’il avait pris racine en Provence, reçu une bourse de la fondation Blumenthal et que, non content de peindre, il lui arrivait de reunir des ouvriers, des paysans, et de les diriger vers quelques musée pour leur apprendre à voir. Tien n’est plus louable que ce genre de sacerdoce.

Voici Guy Montis à Paris pour une exposition qui ne ressemble à nulle autre. Ce jeune artiste - “il est encore sur la côte ensoleill"e de la quarantaine” - n’est pas allé chercher ses modèles en Patagonie, ses fleurs au marché de la Madeleine, ses modèles à Tolède ou à Tahiti. Les sites, les produits du sol, les hommes à leur métier, les nombreux portraits que propose Guy Montis compose l’iconographie d’un village de France, de Maussane en Provence, quelque part du côté d’Arles. Cette initiative est neuve, et cette cinquantaine d’images d’un seul village suffirait à justifier l’attrait de cette exposition, si Montis ne prenait prétexte de cette singularité pour prouver ses ambitions de peintre, d’apprenti-peintre, aime t-il à dire. »

« (...) Guy Montis étant peintre, ayant l’ambitin d’être un bon peintre (Renoir avouait “quelques progrès” à 78 ans)connaît ces vérités premières. Mais je le crois trop modeste, trop lucide aussi, pour ne pas méprises le flagorneur qui prétendrait l’aligner sur les novateurs qui, depuis 1860 (de Manet, Monet et Cézanne à Matisse, à Picasso) boulversèrent les données de la peinture à travers le monde. Ce qui n’empêche que Guy Montis soit une anomalie, une heureuse anomalie en cette époque riche de talents singuliers. Car Guy Montis est d’abord un peintre de portraits. Vela est très important. Rien n’est plus rare aux grandes époques des révolutions picturales (...) La peinture aujourd’hui est le plus souvent un art d’allusions, d’approximations plus que de rigueur, de vraissemblance, de vérité. On veut être subjectif avec frénésie. D’où une propension à la facilité, aux jeux solitaires, aux expériences gratuites.

Toute une jeunesse s’efforce, il est vrai, de réagir contre un art de métaphores qui risque de faire croire à notre descendance que la peinture de ce temps fut réservée aux privilégiés épris d’émotions de couleur pure et d’originalité factice.

Guy Montis appartient à cette jeune élite qui fait oeuvre révolutionnaire en revenant aux sources, à l’art difficile du portrait que la photographie n’a pas détrônée qu’on dise. Daumier, devant les premières images de Daguerre disait : “La photographie imite tout et n’exprime rien.” Quelques milliers de praticiens ont été des peintres-photographes. L’Institut fut et reste leur maison de retraite.

Si les portrais de Guy Montis sont de parfaits signalements physiques, ils ont le mérite d’être en plus des documents psychologiques, sans quoi le portrait n’est qu’une froide fiche anthropométrique.

Solidement construits, largement peints, ces morceaux savoureux de peinture sont assurés de bien vieilllir parce que prestement enlevés. Et ils prouvent, une fois de plus, qu’à l’origine de la spontanéité qui préside à leur exécution un long, décevant, douloureux apprentissage d’ouvrier fut nécéssaire. La peinture n’est pas le secret de “Polichinelle”.

(...) Et, je crois que Bonnard eut été intéressé par la truculence de ces visages provençaux prestement enlevés, lui qui rêvait d’avoir la patte de Frans Hals, son contraire. Que dis-je ? Ne va-t-on pas m’accuser de comparer Montis à Frans Hals ? Tout de même...

(...) L’auteur des robustes figures paysannes se doit maintenent d’être le portraitiste néanmoins émouvant des sites de Provence. Qui peut le plus peut le moins. »

Retour Sommaire

Félix Laffé :

“Montis-le-Maussanais” in “Maussane-les-Alpilles” EQUINOXE Ed. “Le temps retrouvé”. Déc 1991

« Car Maussane sera pour lui le havre de paix, le pays innondé d’une lumière qu’il ne trouvera à nulle autre pareille, l’atelier en pleine nature, où il fera école en créant en 1953, “un Cercle des Amis des Arts de la Vallée des Baux”, regroupant surtout des travailleurs, paysans et ouvriers, tous intéressés - voire passionnés - par la peinture, et tous étant autoditactes en la matière. (...) Mais c’est par son exemple, aussi, qu’il contribuera à leur formation. A Maussane, à Saint-Remy, aux Baux, il ne fera pas qu’exposer (avec un succès croissant) : il se liera avec d’autres artistes, avec des maîtres tels que René Seyssaud, Auguste Chabaud, Pierre Ambrociani, Antoine Serra...

Ils constitueront le groupe PROVENCE qui se manifestera aux Baux en 1948 (ce fut une première !), dans le vieil hôtel de Manville rénové, et dont les membres, appuyant leurs “démarches les plus audacieuses sur cette terre ferme de la Provence” affirmait vouloir garder “contact avec la réalité tout en la modelant par leurs enchantements” (Charles Galtier). Ce fut Charles Galtier, précisément, qui souligna tout particulièrement ce que comportait l’oeuvre de Guy Montis, “sensible à l’apparence du Cosmos” et qui fasciné par la lumière ardente du soleil, “la baigne dans une atmosphère de rêve et de poésie”.

Les paysages provençaux peints par Montis sont pleins de cette lumière. Et les nombreux portraits qu’il fera d’hommes de ces contrées, vivant du sol et sur ce sol, seront tout aussi remarquables. La peinture, pour lui, est une vérité qui s’impose, et non une simple question d’école : c’est pourquoi il ne voudra jamais être autre chose qu’un peintre, seulement un peintre, mais un vrai peintre. La conception qu’il a du réalisme, lui permet de présenter justement des portraits remarquables, criants de vérité, mais qui, autant que des oeuvres d’art, sont, si l’on ose dire, de véritables documents psychologiques, où la personnalité du modèle apparaît toute entière en sa vérité profonde.

Guy Montis, qui se voulut Maussanais, mériterait que nous lui portions enfin toute l’attention qu’il mérite : ne conviendrait-il pas, par exemple, que son oeuvre fût réhabilitée, ici, par un regroupement des plus souhaitables de son oeuvre aujourd’hui trop éparse ?... »

Retour Sommaire

Auguste Chabaud, peintre provençal

(...) J’espère que votre exposition a eu tout le succès que vous méritez auprès des amateurs Saint-Rémois, car vous savez, cher Montis, en quelle estime je tiens votre façon honnête et loyale de travailler, avec pour résultat des oeuvres méditées et abouties.

Retour Sommaire

03

Bruno Koper -

Historien de l’art et chargé d’enseignement à l’Université Paris VIII.

« L’histoire de l’art - cet étonnant réservoir d’idées et d’œuvres éparpillées dans l’espace et le temps - est une intarissable source de surprises et de méprises. La hiérarchie des valeurs, l’épopée des mouvances, l’aventure des artistes constituent la pierre de touche d’une structure intellectuelle et classificatrice purement spéculative qui se veut sérieuse et immuable. Aujourd’hui encore, le monde clos de l’art ressemble à une forteresse imprenable dans laquelle végètent et hibernent les valeurs sûres et reconnues par les historiens, les critiques et les marchands.

Assurément, le tempérament, les fréquentations et le destin de Guy Montis ne s’accordaient pas aux compromissions d’usage. Franc-tireur d’un art à l’état sauvage, quêteur solitaire au regard émerveillé, cet autodidacte échappa aux écoles, aux styles, aux recettes et à toutes les pressions occultes qui étouffent le naturel. Car ce qui étonne en premier lieu dans la peinture de Guy Montis, c’est l’innocence de l’œil et la maîtrise de la main par un talent non abîmé.

Certes, Guy Montis est l’enfant de son temps, mais un enfant rebelle, un témoin gênant car irrécupérable, non pollué par la nostalgie académique et hors de portée des influences « dominantes » de l’époque qu’il vécut. L’art vrai ne peut être fait que par un artiste libre, non inféodé aux modes et irréductible aux références et pressions. Tel fut Montis et tel fut son destin d’homme et d’artiste.

Peintre du vécu et du réel, Montis « rend visible l’invisible », son art nous transmet un message que le parasitage culturel et le confort intellectuel peuvent, hélas, rendre inaudible. Alors, attention ! A nous de faire l’effort et de purifier notre regard. »

Retour Sommaire


Accueil du site | Plan du site | Espace privé | Statistiques | visites : 414892

RSSfr