Guy Montis

Sa vie et son oeuvre : Guy Montis Figure libre de la peinture

L'atelier-1971

Le comédien Michel Simon avait dit de son œuvre : “Les toiles de Montis risquant par leur réalisme poétique, de scandaliser ceux qui, depuis cinquante ans, cherchent le scandale en peinture” (1955)

Guy Montis



Réaliste et poète, Guy Montis l’était à plus d’un titre, et à une époque où être peintre figuratif était synonyme d’arrière-gardisme académique, le choix de Guy Montis, qui n’était autre qu’une intime conviction, pouvait sembler arbitraire. Avec le temps, il semblerait que loin d’avoir figé une période de notre histoire, ce sont d’innombrables espaces et de nombreuses vies que les toiles de cet artiste ont su mettre en mouvement.



C’est toute une époque dont il nous a laissé un souvenir vivant : « LA SIENNE ».



L’enfance

Jankiel Tysk, le père. C’est le 26 septembre 1918 que naît Guy Montis, de son véritable nom Joseph TYSZ, à Plonsk, en Pologne, dans la banlieue de Varsovie. Son père, Jankiel Tysk, est ouvrier cordonnier, et sa mère, Sura, s’occupe de ses cinq enfants, Esther (Hélène), Chain (Maurice), Joseph, Ita (Ginette) et Riwka (Raymonde). Joseph a six ans lorsque les tysz quittent la Pologne. Après quelques semaines de transit par l’Allemagne, ils débarquent en France, au mois d’avril 1924.

Arrivée à Paris, la famille va s’installer dans un appartement modeste du 11ème arrondissement, au 154 rue Oberkampf. A la maison, les parents ne parlent entre eux que le Polonais et le Yiddish . Les enfants apprennent le Français à l’école. Jankiel, le chef de famille, travaille à domicile en attendant de pouvoir ouvrir son propre atelier.

En 1928-29 vont naître Marcel, puis Simon, les deux derniers enfants Tysz.

Vers l’âge de 10 ans, Joseph manifeste spontanément un vif intérêt pour le dessin et la peinture. En 1930, refusant de porter un uniforme et désireux de s’adonner totalement au dessin, il quitte l’École du travail dans laquelle son père l’avait mis...

Joseph se met alors à suivre des cours du soir de dessin et de gravure, boulevard se Belleville, Cavaillon, son professeur, l’encourage à continuer dans cette voie. Dans la journée, il est tour à tour menuisier, tapissier, graveur sur métaux, marchand de quatre saisons, et vendeur de journaux.

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Les années théâtre

En 1933, Joseph Tysz se met à brosser des décors de théâtre sous la direction de Sylvain Itkine et O’Brady , les metteurs en scène du groupe Mars, une troupe de comédiens inspirée du groupe Octobre dont fait partie celui qui deviendra le compositeur Francis Lemarque .

Vers 1935, Joseph commence à travailler chez Pelegry (un des plus grands décorateurs de théâtre de Paris). Il y rencontre Claude Dauphin , qui lui-même est employé comme décorateur.

En 1936, il fonde avec Claude Dauphin le groupe « Le Masque ». Quelque temps plus tard, ils créent ensemble le “Théâtre de l’Arbre Sec”, un théâtre en étage, situé dans la rue du même nom. Ils montent durant cette période, avec Henri Guisol et d’autres comédiens, “La Troupe de l’Arbre Sec”.

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Au « Théâtre de l’Arbre Sec ». Au premier rang, à droite, Claude Dauphin, au second rang, à gauche, Joseph Tysz.

C’est à cette période que Joseph Tysz envisage sérieusement de devenir comédien. Mais un trac maladif, qui l’oblige à faire plusieurs fois le tour du pâté de maisons avant de pouvoir monter sur les planches, aura raison de cette carrière. Néanmoins, toute sa vie restera marquée par ses nombreux rapports avec le monde du spectacle, et ses profondes amitiés avec des acteurs, notamment Claude Dauphin et Henri Guisol.

En 1939, Joseph Tysz expose pour la première fois au Salon des Indépendants. Ses toiles d'alors sont signées sous le nom de Tysz ; se seront les seules à l'être. En, 1937, Joseph devient régisseur du “Théâtre des Arts” (devenu “Théâtre Hébertot”) alors dirigé par Gaston Baty. Il construit des décors dans la journée chez Pelegry, assure la régie du théâtre le soir, et utilise ses moments libres, en particulier l’heure du déjeuner, pour s’installer sur le toit de Pelegry et y peindre. Il commence à exposer des toiles sur son lieu de travail, au “Théâtre des Arts”.

En 1939, Joseph Tysz expose pour la première fois au Salon des Indépendants. Ses toiles d’alors sont signées sous le nom de Tysz ; se seront les seules à l’être.

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Les années de guerre

Jankiel Tisz entre ses deux fils Jankiel, le père de Joseph, n’a toujours pas obtenu la nationalité française. Ayant quitté l’école très jeune pour travailler, il ne sait ni lire ni écrire, ce qui empêche sa naturalisation. En septembre 1939, il s’engage dans la légion étrangère, et se retrouve affecté à la DCA à Paris. De ce fait, il obtient enfin la nationalité française. Joseph veut, lui aussi s’engager. Mais le processus est long, et il n’y parvient pas avant la déroute de 1940. Pierre Renoir

En juin 1940, alors que Paris est occupé, Joseph et son beau-frère, Maurice Sobol, le mari de sa sœur aînée Hélène, sont convoqués au gymnase Japypour information”, suivant la formule alors consacrée...

Méfiant, Joseph décide de s’en aller. Il en fait part à son beau-frère et l’invite à le suivre. Ce dernier, blessé de guerre à la bataille de Narvik, se croit à l’abri de toute discrimination. Il refuse de suivre Joseph qui lui remet simplement sa cravate et sort du gymnase, “au culot”, par la grande porte, comme si de rien n’était, sans aucune difficulté. Guy Montis et Eliza Renoir

Maurice est envoyé dans un camp, à Beaune-la-Rolande, lieu duquel il est déporté dans un autre camp, en Allemagne, d’où il ne reviendra jamais...

Au début de l’occupation, Joseph est hébergé chez Pierre Renoir . Il a connu le comédien, fils du célèbre Impressionniste, par l’intermédiaire de sa femme, l’actrice Eliza Ruiz, dont il a réalisé deux portraits. Il rejoint un dénommé Blondel aux Jeunesses Communistes. Tous deux exercent des activités contre les Allemands (collage d’affiches...). Une nuit, ils sont surpris. Joseph parvient à s’enfuir, Blondel, qui a déjà été blessé et ne peut courir, est attrapé par la police et exécuté.

Alors qu’on demande à la famille Tysz, comme à toutes les familles juives, de se rendre au commissariat pour recevoir l’étoile jaune et présenter leurs papiers afin d’y apposer le tampon « juif », Joseph met de la paraffine sur ses papiers qu’il pourra par la suite gratter pour en retirer la mention. Il propose à son père d’en faire autant. Ce dernier, qui est la droiture même, refuse, par civisme.

Plus tard, dans un cabaret de Pigalle fréquenté par les Allemands, Joseph Tysz fait une réflexion provocante et de vive voix en direction des soldats. Un début d’esclandre s’en suit. Cela lui vaut d’être mis à la porte de l’établissement. Après cet incident, Pierre Renoir juge qu’il est temps pour Joseph de se réfugier en Zone libre.

Il lui propose d’aller chez Pierre Bonnard , mais l’idée de s’installer chez le maître intimide le jeune peintre. Le comédien lui propose alors de se rendre chez le capitaine Lestringuez, un de ses amis, dans la région de Collioure.

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Collioure

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En zone libre, premiers contacts avec la Provence

Montis dans la region de Collioure En 1941, Joseph quitte la demeure du capitaine pour aller habiter chez les propriétaires d’un hôtel-restaurant à Collioure. Il s’adonne sur place à la peinture, et se familiarise avec des sujets désormais différents de ceux que pouvait lui offrir Paris.

Joseph est ensuite hébergé à La-Nouvelle, près de Narbonne, chez des amis viticulteurs. Il y reste un an, puis part pour Saint Rémy et les Baux-de-Provence. C’est là qu’il découvrira les paysages provençaux qui l’inspireront pour les années à venir.

Son refus de l’autorité Allemande n’a pas diminué pour autant, aux Baux-de-Provence, il met au point des actions contre l’occupant en compagnie de George Wilkinson, de l’Américain Donald Pursnlow, d’une certaine Carmen et de celui qui deviendra le maire des Baux après la guerre, Pierre Vayssière.

Un gendarme impliqué dans la résistance prévient alors Joseph, George et Donald de leur arrestation imminente. Ils sont contraints de quitter les Baux.

En 1942, à Marseille, Joseph se met en rapport avec un bénédictin qui s’occupe de faire passer des Juifs en Italie. Pour eux, le peintre, ayant lui-même emprunté l’identité de Wilkinson, fabrique de faux cachets qu’il applique sur des papiers truqués. Mais pendant ce temps, sa sœur Raymonde et sa belle-sœur Marie sont arrêtées.

Joseph et Maurice se rendent à Vichy, à la préfecture, avec de faux papiers, pour demander la libération de Marie, la femme de Maurice, qui a également été arrêtée, et de Raymonde, en se faisant passer pour leurs fiancés respectifs.

La même année, Joseph expose des toiles au Musée des Augustins à Toulouse.

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Guy Montis, nom de guerre, nom d’artiste

Lorsqu’il n’y a plus de zone libre, Joseph décide que, tant qu’à vivre dans la clandestinité, autant le faire près des siens. Il remonte sur Paris. Il trouve un logement, au 18 rue Daunou, près de l’Opéra. Il s’appelle désormais GUY MONTIS.

C’est ce nom de guerre qui deviendra son nom d’artiste, et qui le demeurera pour le restant de ses jours.

En janvier 1944, Marie, la belle-sœur du peintre est de nouveau arrêtée par la police pour utilisation de faux papiers. Elle porte sur elle un courrier destiné à Guy révélant ainsi son adresse.

Guy Montis est donc arrêté à son tour, et incarcéré à la prison de la Santé.

Avec le temps, sa cellule se transforme en véritable atelier carcéral. Les autres prisonniers politiques deviennent autant de modèles tourmentés, esquissés sur des bouts de papiers de fortune. Et, lorsqu’en août, à l’approche des troupes alliées, une mutinerie éclate dans la prison et que les gardiens, pris de panique, sont prêts à tirer et à provoquer une véritable tuerie, Montis parviendra à faire patienter ses compagnons d’infortune, et évitera ainsi le carnage.

En juin déjà, ayant appris la nouvelle du débarquement allié en Normandie, Montis avait demandé à son avocat de retarder la date de son jugement, et la nuit précédant celui-ci, il avait fumé u mélange de tabac et d’aspirine. Ce mélange provoqua chez lui une très forte fièvre, et il ne put se rendre au Tribunal et ne fut donc jamais jugé.

Suzanne Le 23 août, Guy Montis quitte la prison. A peine sorti, il passe rue Daunou voir Suzanne, la nièce de Marie Lacroix, sa logeuse, avec laquelle il a eut souvent l’occasion de dîner avant son incarcération. Puis il retourne immédiatement dans les rues de Paris au sein des FFI pour attaquer un convoi allemand.

Le 25 août, la division Leclerc entre dans Paris. A 15 heures, elle atteint la place de l’Opéra. Sur le toit de la Kommandantur, un tireur embusqué dans la déroute vise les chars alliés. Il a été repéré par Guy Montis qui est là avec Suzanne Marchand, la nièce de sa logeuse. Celui-ci désigne du doigt la direction du soldat allemand. Le soldat tire. Guy s’écroule. La balle a frôlé la carotide. Il semble qu’il n’y ait plus aucun espoir de survie. Par chance, un secouriste (le futur docteur Meunier) est à proximité. Il exerce un garrot en attendant les secours. Le tireur embusqué est abattu. Ironie du sort, il sera transporté dans la même ambulance que Guy Montis.

Une heure plus tard, l’armée allemande se rend aux alliés.

Dans un état critique, Guy Montis est d’abord emmené à l’Hôtel-dieu. L’endroit est plein “à craquer”. Il est alors transféré à l’hôpital Saint-Antoine.

Guy est paralysé des deux côtés. Cela va durer plusieurs jours. Finalement, c’est tout le côté gauche qui restera paralysé. Suzanne vient le voir, souvent, et s’occupe de lui. A sa sortie d’hôpital, Guy va habiter rue de la Rochefoucault. Il se déplace dans un fauteuil roulant.

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L’après guerre

Le premier janvier 1945, pour démarrer l’année, Guy décide de remarcher. A grand peine, il se lève, descend les escaliers, et se rend au métro au métro Pigalle. A partir de cette date, il se déplacera sur ses deux jambes. Au mois de mars 1945, il épouse Suzanne Marchand. Ils vont habiter dans un pavillon, 6 passage Lepic. Guy s’est remis à peindre et une première exposition particulière aura lieu à la Galerie Jeanne Castel.

Durant l’été 1945, les Montis vont à Saint-Rémy-de-Provence. Ils demeurent à l’Hôtel Ville-Verte, dans la chambre même où Gounod logeait lorsqu’il composa “Mireille”. Mais cette chambre n’est pas conçue pour accueillir un nouveau-né et c’est dans un tiroir posé sur deux chaises qui sera le berceau d’Alain, le premier fils de Guy et Suzanne, qui a vu le jour à Châteaurenard.

Monsieur Sylvio A Saint-Remy, Montis côtoie assidûment le Café des Arts, tenu par Monsieur Sylvio qui deviendra rapidement le rendez-vous de tous les artistes de la région ; la salle du fond devenant même une salle d’exposition pour les peintres de Provence.

En 1946, Montis devient lauréat du prix Blumenthal de peinture.

Cette fois, c’est aux Baux que la famille va passer l’été, ce qu’elle réitère l’année suivante, logée dans une bergerie alors qu’au même moment, une nouvelle exposition particulière est offerte à la galerie de l’Élysée, préfacée par Pierre Seghers..

L’année 1948 voit la vente du pavillon de la rue Lepic pour une poignée de Louis d’or et des chèques de voyages non signés et par conséquent impossible à encaisser. Les Montis descendent réellement s’installer en Provence et demeurent quelques temps au Paradou, dans les Alpilles.

Le groupe Provence Au Paradou, à Maussane, à Saint-Remy, aux Baux, il se lie avec d’autres artistes, avec René Seyssaud, Auguste Chabaud, Pierre Ambrogiani, Antoine Serra ...

Ils constituent le groupe “Provence” qui se manifestera aux Baux en 1948, dans le vieil hôtel de Manville fraîchement rénové.

Paul Ricard dessiné par Guy Montis

La même année 1948, Guy Montis reçoit le prix d’Encouragement artistique du ministère de l’Éducation nationale.

Le 18 octobre de l’année suivante, c’est la naissance de Claude, son second fils.

Guy Montis réalise, en 1950, les portraits de toute la famille de Paul Ricard. Ce dernier engage d’ailleurs le peintre comme membre à part entière de son personnel.

Montis cherche alors à se reloger, toujours dans les Alpilles, et en fouillant dans les environs immédiats de Paradou il a le coup de foudre pour un mas qu’il baptisera « le mas de la Paix » et dans lequel les Montis vont vivre pendant près de dix ans.

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Les années Provence

En 1952, Guy Montis illustre pour le quotidien “La Marseillaise”, les grandes heures de la libération de Marseille.

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Le Mas de la paix

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la marseillaise

Il va pendant cette période, exposer régulièrement dans le Midi et en tout, entre 1945 et 1953, ce sont neuf toiles du peintre que l’État va acquérir.

Maussane sera pour lui le havre de paix, le pays inondé d’une lumière qu’il ne trouvera à nulle autre pareille, l’atelier en pleine nature où il fera école en y créant, en 1953, “un Cercle des Amis des Arts de la vallée des Baux”, regroupant surtout des travailleurs, paysans ou ouvriers, tous intéressés - voire passionnés- par la peinture et tous étant autodidactes en la matière. (...)

Félix Laffé dans son ouvrage sur Maussane-les-Alpilles dira de Guy Montis : “Les paysages provençaux peints par Montis sont pleins de cette lumière. Et les nombreux portraits qu’il fera d’hommes de ces contées, vivant du sol et sur ce sol, seront tout aussi remarquables. La peinture, pour lui, est une vérité qui s’impose et non une simple question d’école : c’est pourquoi il ne voudra jamais être autre chose qu’un peintre, seulement un peintre, mais un peintre vrai. La conception qu’il a du réalisme, lui permet de présenter justement des portraits remarquables, criants de vérité, mais qui, autant que des œuvres d’art, sont, si l’on ose le dire, de véritables documents psychologiques, où la personnalité du modèle apparaît tout entière en sa vérité profonde.”

Guy Montis ne va pas seulement exposer en Provence, il va également rapporter à Paris le fruit de son travail et en 1955 a lieu dans la capitale une nouvelle exposition particulière à la galerie Durand-Ruel sur le thème d’ “Un petit village nommé Maussane”. Exposition préfacée par le célèbre critique d’art Georges Besson, et à propos de laquelle le poète Paul Fort commentera  :“En poésie, disait Verlaine, si vous voulez frapper fort, retirez l’inutile. J’ajouterai, semblablement dans les autres arts. Chez Guy Montis, pas de chatteries. Le nécessaire, la puissance, l’expression psychologique ferme, absolue.”

En 1957, une autre exposition particulière se déroule dans la capitale : “Visages de Paris”. Pour cette exposition, le peintre, désormais présenté comme “un vrai provençal”, a réalisé les portraits de toutes les célébrités de la scène parisienne : Philippe Clay, Mouloudji , Line Renaud , Robert Lamoureux, Serge Lifar, le mime Marceau, Michel Simon et tant d’autres vont se côtoyer sur les murs de la galerie Durand-Ruel. Jean Rostand, dont le portrait figure parmi ceux du tout-Paris, juge alors que “L’art pénétrant et loyal de Guy Montis sait rejoindre la vérité des profondeurs tout en respectant celle des apparences”.

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Le cabaret

Guy Montis, habité par le théâtre, va également créer, dans son jardin, le théâtre-cabaret en plein air de Maussane-Les-Alpilles. Le théâtre a du succès et de nombreuses personnalités viennent s’y produire : Philippe Clay, Roger Pierre et Jean –Marc Thibault, Sidney Bechet marqueront ainsi de leurs empreintes la terrasse du mas de la Paix. Et nombreux sont les Maussanais et habitants des environs qui se souviennent encore aujourd’hui de ces soirées hors du commun.

Malheureusement, cette expérience s’avère être un véritable gouffre financier ; les spectateurs, pour la plupart, parviennent à voir le spectacle sans payer leur place. Atteint par les fièvres de Malte, Guy Montis ne peut renouveler l’expérience pour une seconde saison et, extrêmement endetté, il se trouve obligé de vendre le mas.

Finalement, triste de n’avoir pu mener tous ses rêves à bien, Guy Montis quitte la Provence en 1958, et remonte habiter avec sa famille en Région Parisienne.

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Retour à Paris, Place des Vosges

Il reviendra dans le Midi à plusieurs reprises pour des séjours de courte durée, mais ce départ de Maussanne marque pour lui la fin de dix ans d’un rêve provençal qui a su donner à une région essentiellement agricole le goût de l’art, un goût qu’elle n’a eu de cesse de développer depuis.

A Maussane, Guy Montis avait amené les vedettes des arts et de la scène dans un lieu où celles-ci ont désormais ont désormais élu résidence en nombre, il fit construire la première piscine d’un site qui en compte maintenant des dizaines, et avait été le premier à acquérir un poste de télévision et à le faire découvrir aux habitants du village qu’il rebaptisera lui-même Maussane-les-Alpilles.

Il n’est donc guère étonnant de voir ce précurseur créer une des premières galerie de la place des Vosges, à Paris, la “Galerie du Roy”, dans un Marais devenu de nos jours un haut lieu pictural. L’année 1961 voit ainsi l’exposition particulière et inaugurale de la “Galerie du Roy”. Entre 1962 et 1965 se succèdent dans ce centre de nombreuses expositions particulières et participations.

Les Montis s’installent alors définitivement dans un atelier, rue Alfred-Stevens, près de Pigalle.

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Vue de l’atelier, rue Alfred-Stevens
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vue de l’atelier rue Alfred Srevens

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Expositions itinérantes

Un an plus tard, en 1963, l’appel du Sud se fait de nouveau ressentir et Guy part en Espagne. Il prend pension dans une petite auberge de Tolède et réalise une série de paysages.

En 1966, Guy Montis organise pour le compte de la municipalité des Baux-de-provence l’importante exposition “Continuité de la Peinture française”, à laquelle il participe comme exposant.

Cette même année se constitue l’exposition itinérante “Indépendance et Tradition de l’Art”, parrainée par Paul Ricard, qui tourne sur Valence, Barcelone, Majorque, Madrid.

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Paysages de voyages

A la demande de Claude Dauphin, afin de préparer les illustrations d’un livre que prépare Joseph Kessel, le peintre part en Israël, d’octobre 1967 à septembre 1968, et travaille à Jérusalem. Le roman ne verra pas le jour mais Guy Montis est conquis par le paysage.

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Israël : La Mosquée d’Omar à Jerusalem

Il séjourne à Notre-Dame de France, un ancien cloître chrétien dont les chambres ont été reconverties en lieux d’hébergement. Il peint là-bas un certain nombre de toiles qu’il rapportera en France et qui connaîtront le succès. Il n’est rejoint par sa femme qu’en juillet 1958. Follement admiratif devant ces paysages, il ne rentrera en France que pour préparer un nouveau séjour à Jérusalem qui durera d’avril à octobre 1969 et sera la source de nombreuses autres toiles sur ce thème.

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Irlande : La plage à Inch

Ses œuvres font l’objet de collections particulières en France, aux États-unis et en Angleterre. “La Seine à Paris” est exposée au musée national de Reykjavik en Islande. “L’Arbre Mort” est présenté à New Delhi. “Nature Morte” devient une légation de la France à Bucarest.

Lassée par l’aridité des régions dans lesquelles ils viennent de vivre, et désireuse de voir un peu de verdure, Suzanne Montis demande à son mari d’entreprendre un voyage en Irlande. Ainsi, de mai à septembre 1970, le couple séjourne au pays du trèfle et des chaudrons d’or, dans une caravane de location.

Durant les étés 1974 et 1975, les désirs de peindre la Provence reviennent en force et les Montis retrouvent le chemin des champs de Lavande, cette fois, au pied du Mont Ventoux.

Pierre-Jean Vaillard, défini le travail de l’artiste en ces termes : “L’art de Guy Montis est fait à la fois de puissance et de délicatesse et parle à tous nos sens le langage de la poésie dans la réalité.”

En 1976, fortement affaibli par la maladie, il obtient le prix Lugdunum du XXème Salon d’Hiver à Lyon. C’est aussi la médaille d’argent de la Société des Artistes français et le XXVème Salon du Dessin et de la Peinture à l’eau. Hélas, Guy Montis ne profitera nullement de ces récompenses, car il s’éteint durant l’été de cette année 1976, sans avoir pu achever son œuvre.

Des reliefs de la Provence aux verdures de l’Irlande, de la société parisienne aux pierres de Jérusalem, et du paysage le plus aride au portrait le plus doux, l’œuvre de Guy Montis, dont les toiles ne sont plus guère exposées depuis sa disparition, a pu faire la joie d’amateurs d’art en France et aux États-unis.

Et comme se plaisait à le dire lui-même Guy Montis : L’important pour moi, peintre, est de me mettre chaque jour à l’ouvrage en essayant de m’incorporer à mon sujet tout comme le ferait un comédien se mettant dans la peau d’un personnage ; plus important encore est l’oubli total de ce que nous avons peint dans l’instant d’avant et comment nous l’avons peint, car il ne s’agit pas tant pour un peintre de posséder un métier, que d’être habité par ce métier, lequel entre en vous ou n’y entre pas, selon que vous êtes réceptif ou pas ; réceptif, le peintre doit l’être aussi aux choses importantes de son époque et de sa vie. C’est à la traduction de ses sentiments que je m’applique aussi clairement que possible sur mes pages de papier ou de toile. Qu’il se trouve des amateurs aimant à les lire, c’est tout ce que je puis désirer.

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